La société minière russe Uzhuralzoloto (UGC) proposera jusqu’à 5 % de son capital en nouvelles actions lors d’une introduction en bourse (IPO) à la Bourse de Moscou, a annoncé jeudi la société, un jour après que la Grande-Bretagne a ajouté son propriétaire Konstantin Strukov à une liste de sanctions. .
Les cotations d’actions russes sont rares depuis que la Russie a envoyé ses troupes en Ukraine en février 2022, et se caractérisent généralement par de petits volumes et dépendent des investisseurs russes après un exode des capitaux occidentaux.
UGC, quatrième société minière d’or de Russie, a déclaré qu’elle envisageait de finaliser son introduction en bourse d’ici fin novembre et qu’elle préparait une nouvelle politique de dividendes qui pourrait lui permettre de verser jusqu’à 50 % des bénéfices aux actionnaires.
Les analystes d’Alfa Bank ont évalué le capital social d’UGC entre 140,5 et 170,8 milliards de roubles (1,53 à 1,86 milliard de dollars). Sur la base de cette estimation, UGC pourrait récolter entre 7 et 8,5 milliards de roubles.
Trois sources des marchés financiers ont déclaré le mois dernier à Reuters qu’UGC envisageait une introduction en bourse et lui ont donné une valorisation préliminaire de 120 milliards de roubles.
La Grande-Bretagne a imposé mercredi des sanctions à 29 personnes et entités des secteurs aurifère et pétrolier russes, dont Strukov et deux des plus grands producteurs d’or russes, Nord Gold et Highland Gold Mining, mais pas à UGC elle-même.
La National Crime Agency (NCA) britannique a également lancé une alerte aux institutions financières, les mettant en garde contre les tentatives russes d’utiliser l’or pour échapper aux sanctions.
L’UGC a déclaré que les sanctions individuelles n’affecteraient pas son travail, ses opérations ou ses exportations. La société a déclaré que ses opérations n’étaient pas exposées aux retombées géopolitiques car elle ne s’appuie pas sur des équipements fabriqués en Occident.
Strukov a déclaré que l’introduction en bourse permettrait à UGC d’atteindre davantage d’investisseurs, de diversifier la structure de son actionnariat et de réduire le fardeau de sa dette.
Une série de petites offres a insufflé un peu de vie aux marchés de capitaux russes ces derniers mois. La chaîne de vêtements pour hommes Henderson a levé 3,8 milliards de roubles la semaine dernière, à la suite d’une levée de fonds similaire réalisée par la société technologique Astra en octobre.
(1 $ = 92,0100 roubles)
(Par Anastasia Lyrchikova et Felix Light ; édité par Alexander Marrow et Mark Potter)
En janvier, Trident Energy avait annoncé un plan consistant à lancer, au plus tard au quatrième trimestre 2023, une campagne de forage de plusieurs puits sur les blocs pétroliers G et S, situés au large de la Guinée équatoriale.
La société pétrolière Trident Energy a officialisé le démarrage d’opérations de forage de puits pétroliers en Guinée équatoriale. Il s’agit de la deuxième campagne de forage de puits exécutée dans le pays. Cette dernière, lancée vendredi 3 novembre, concerne principalement les blocs pétroliers G et S, situés dans les eaux territoriales équato-guinéennes.
Dans le cadre de ce programme, Trident Energy envisage la réalisation d’une série de trois puits sur les champs producteurs Ceiba et Okume du bloc G. Quant au bloc S qui n’est pas encore en production, il devrait faire l’objet d’un puits d’exploration. Par ailleurs, il est prévu dans le cadre de cette campagne, l’exécution d’opérations d’intervention sur deux puits pendant qu’en parallèle le raccordement de nouveaux puits aux installations de production existantes se finalise.
« Ce programme ambitieux représente un investissement significatif pour 2023 et 2024 et démontre notre engagement concernant la région, alors que nous cherchons à maximiser la production et à continuer de contribuer à la prospérité à long terme de la Guinée équatoriale », a déclaré Trident Energy, dans un communiqué.
Notons que le bloc G dispose d’un potentiel pétrolier évalué en 2021, à 92,5 millions de barils de ressources pétrolières 2 P. Le bloc S a, quant à lui, confirmé l’existence de ressources pétrolières de l’ordre de 180 millions de barils équivalents pétrole.
A travers la découverte pétrolière namibienne Graff réalisée en 2022 par Shell, le bassin d’Orange a confirmé sa viabilité économique. Ces derniers mois, cette zone d’intérêt en mer a aussi confirmé son potentiel en hydrocarbures via d’autres découvertes importantes.
Selon des informations rapportées mardi 7 novembre par la presse locale namibienne, la major pétrolière Shell prévoit de dédier 25 % de son budget d’exploration pour 2024, à la recherche d’hydrocarbures sur sa licence PEL 39 du bassin d’Orange.
De janvier 2022 à aujourd’hui, Shell et ses partenaires Qatar Energy et NAMCOR, ont mis en évidence quatre réserves de brut sur ce périmètre en mer à savoir le gisement Graff, suivi des réserves La Rona, Lesedi et Jonker.
Dans une webdiffusion autour du bilan opérationnel de Shell au terme du 3ème trimestre 2023, Wael Sawan, le patron de la compagnie anglo-néerlandaise a indiqué qu’il s’agissait pour la compagnie de tirer parti de ses expériences dans l’exploration en mer, pour rester compétitive.
« Ainsi, aussi important que soit le fait de faire une découverte, s’assurer que nous pouvons réellement être plus compétitifs lorsque nous forons ces puits est un domaine clé sur lequel nous nous concentrons […] en tirant parti des enseignements significatifs que nous avons dans l’ensemble de notre portefeuille mondial en eaux profondes », a déclaré le patron.
Le responsable a également annoncé l’ambition de la société, de réaliser, dans les six à neuf mois qui viennent, un puits d’exploration, un puits d’évaluation ainsi qu’au moins un test d’écoulement de puits qui devrait permettre de comprendre le potentiel effectif du site.
Début septembre 2022, les autorités namibiennes ont indiqué que l’exploitation des ressources pétrolières du bassin d’Orange est attendue pour 2026, compte tenu de la complexité opérationnelle de la région.
Endeavour est le plus grand producteur d’or d’Afrique de l’Ouest. La compagnie basée à Londres exploite actuellement quatre mines d’or dans la région et veut produire entre 1,06 et 1,13 million d’onces en 2023.
La production d’or d’Endeavour Mining a baissé de 9 % en glissement annuel pour s’établir à 792 000 onces pour les neuf premiers mois de 2023. C’est l’annonce faite le 9 novembre par la compagnie active dans trois pays ouest-africains, précisant qu’elle reste en bonne voie pour produire au moins 1,06 million d’onces cette année.
Au troisième trimestre, la production d’or des mines encore détenues par la société est restée stable en glissement annuel. Quand on exclut les mines d’or burkinabé Boungou et Wahgnion vendues et sorties du portefeuille de la compagnie à la fin du deuxième trimestre 2023, Endeavour a en effet produit 281 000 onces, comme au troisième trimestre 2022. La baisse de la production sur les mines d’or Ity (-10 %), Mana (-28,6 %) et Sabodala-Massawa (-20 %) a été compensée par une hausse de 51 % de la production à la mine d’or Houndé.
« Notre troisième trimestre a enregistré les meilleures performances depuis le début de l’année, et nous nous attendons à ce que les performances du quatrième trimestre soient encore plus fortes, ce qui nous place en bonne position pour atteindre les objectifs de production pour l’année entière pour la onzième année consécutive », assure Sébastien de Montessus, PDG de la compagnie.
Pour rappel, les mines d’or Houndé et Mana sont situées au Burkina Faso. Elles ont respectivement livré 228 000 et 106 000 onces d’or pour les neuf premiers mois de l’année. En Côte d’Ivoire, Endeavour exploite Ity, la plus grande mine de son portefeuille avec 250 000 onces sur les neuf premiers mois. Quant au complexe aurifère Sabodala-Massawa au Sénégal, il a livré 209 000 onces d’or sur la même période.
Cette rencontre, soutenue par la Commission de l’UEMOA, promet de dynamiser le développement durable des secteurs miniers, alors que les pays de l’Union cherchent à tirer pleinement profit des ressources stratégiques du sous-sol.
Du 27 au 29 novembre 2023, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, Abidjan, organisera le Salon International des Mines, de l’Énergie et des Hydrocarbures de l’UEMOA (SIMEH-UEMOA). Sous le thème « Les ressources minérales et énergétiques dans l’espace UEMOA : atouts, opportunités et défis pour un développement durable », l’événement vise à valoriser les potentiels miniers, énergétiques et d’hydrocarbures des pays membres.
La Commission de l’UEMOA, organisatrice du SIMEH-UEMOA, entend offrir un cadre propice à la préparation et à la résilience des États membres et acteurs du secteur face aux chocs internes et externes. L’événement sera l’occasion de présenter les ressources minérales et énergétiques des États membres et de stimuler le dialogue entre les parties prenantes publiques et privées.
Pour cette première édition, environ 500 entreprises et organismes sont attendus, ainsi que 2000 visiteurs. L’organisation prévoit en outre la mise en place d’une centaine de stands pour exposer innovations, services et projets.
Avec 235 partenaires institutionnels, plus de 1100 partenaires privés, une centaine de représentants gouvernementaux et de faîtières des acteurs privés des mines, de l’énergie et des hydrocarbures, le SIMEH-UEMOA 2023 s’annonce comme un carrefour d’échanges diversifié. Il regroupera des participants des huit États membres de l’UEMOA, mais aussi d’autres continents.
En Afrique du Sud, l’exploitation minière illégale coûte chaque année des milliards de rands aux compagnies minières et à l’État. Elle affecte aussi l’attractivité du secteur minier sud-africain, qui fait déjà face à d’autres défis liés aux problèmes de logistique et d’électricité.
En Afrique du Sud, le chef d’État Cyril Ramaphosa a autorisé le déploiement de 3 300 membres des forces de défense nationale sud-africaines dans le cadre d’une « opération anticriminalité intensifiée contre l’exploitation minière illégale dans toutes les provinces » du pays. C’est ce que rapporte un communiqué publié le 9 novembre par la présidence.
Cette opération a commencé depuis le 28 octobre dernier et durera jusqu’au 28 avril 2024, soit six mois au total. L’opération menée avec le concours des services de police sud-africains, devrait coûter 492 millions rands (26,43 millions $) et s’inscrit dans le cadre de l’opération « Prosper ». Cette dernière est conduite depuis 2019 par l’armée et la police pour lutter contre la criminalité, maintenir et préserver la loi et l’ordre.
Pour rappel, l’attractivité du secteur minier sud-africain a baissé au cours des dernières années et l’exploitation minière illégale n’est pas étrangère à cette situation. Surnommés les zamas zamas, les mineurs illégaux en Afrique du Sud sont souvent lourdement armés et sont actifs non seulement sur des sites miniers désaffectés, mais aussi dans des mines en exploitation. Sur ces dernières, ils tendent notamment des embuscades et des pièges aux employés, au personnel de sécurité et aux groupes rivaux de mineurs illégaux.
Selon une estimation publiée en août 2022 par le Minerals Council, la Chambre sud-africaine des Mines, « l’industrie dépense environ 2,5 milliards de rands [environ 134,3 millions $, Ndlr] supplémentaires chaque année pour la sécurité des mines de métaux précieux et une bonne partie de cette somme est liée à l’exploitation minière illégale ». Cette estimation ne tient pas compte des milliards perdus pour les caisses de l’État en raison du trafic illicite qui entoure les métaux précieux collectés par ces mineurs illégaux.
Deep-South Resources est le propriétaire du projet de cuivre Haib en Namibie. Le pays cherche à diversifier son secteur minier avec l’exploitation de métaux essentiels à la transition énergétique, comme le cuivre, le lithium, le graphite et des terres rares.
Le canadien Deep-South Resources changera de nom pour devenir Koryx Copper dès le 10 novembre 2023. Selon un communiqué publié le 9 novembre par la société active sur le projet de cuivre Haib en Namibie, cette décision permet de dissocier l’entreprise de la ségrégation raciale.
Si Deep-South désigne la région de l’extrême sud de la Namibie, le nom correspond aussi à une région des États-unis symbole de la ségrégation raciale, explique Pierre Leveille, PDG de la compagnie. Le nouveau nom conserve le lien avec la Namibie, car il est la contraction de Karas, nom de la région namibienne dans laquelle est active la société, et « Oryx », nom d’une antilope qui est l’animal emblème national du pays.
« L’oryx est un symbole de courage, d’élégance, de fierté et de force. Il s’agit d’une meilleure représentation de nos valeurs fondamentales qui incluent également le fait de travailler avec et pour les habitants de la région du Karas, dans le sud de la Namibie, et de développer un projet dont le Karas et les Namibiens seront fiers pendant de nombreuses années », conclut M. Leveille.
En Mauritanie, l’or est devenu le premier produit d’exportation en 2022, une première dans l’histoire du pays selon l’ITIE. Cette performance, réalisée en partie grâce à une production de plus de 500 000 onces à la mine d’or Tasiast, peut être rééditée en 2023.
Kinross Gold a enregistré une production record de 171 140 onces d’or au troisième trimestre 2023, à sa mine d’or Tasiast en Mauritanie. C’est l’annonce faite le 9 novembre par la compagnie minière canadienne qui précise que cette performance dépasse le précédent record établi au deuxième trimestre de cette année à 157 844 onces.
Il faut souligner que la hausse de la production d’or s’explique essentiellement par la réussite du projet Tasiast 24k, achevé en juin dernier. Lancé en 2019, ce dernier a permis d’augmenter de plus de 50 % la capacité de traitement initiale de la mine, jusqu’à 24 000 tonnes par jour. Pour les neuf premiers mois de l’année 2023, Tasiast affiche ainsi une production d’or de 460 029 onces, contre 395 589 onces pour la même période en 2022.
L’année dernière, l’or s’est imposé pour la première fois comme le premier produit d’exportation de la Mauritanie, grâce aux performances de la mine d’or Tasiast. Alors qu’un récent rapport de l’ITIE indique que la baisse des cours du minerai de fer en 2022 a bien aidé l’or à réaliser cette performance, le métal jaune pourrait bien conserver son nouveau statut en 2023, avec la hausse de la production à Tasiast.
Des entreprises d’Inde, de Chine et du Moyen-Orient ont exprimé officieusement leur intérêt à participer à un projet de bauxite dans la jungle de l’ouest du Suriname , qui pourrait attirer des milliards d’investissements, a déclaré mardi un responsable surinamais.
Le pays sud-américain espère avoir obtenu une concession pour la bauxite – la principale source mondiale d’aluminium – d’ici l’année prochaine, après des décennies de tentatives pour développer le minerai.
« Il y a là 324 millions de tonnes de bauxite », a déclaré dans une interview Daniel Lachman, président de la commission présidentielle créée pour évaluer les offres pour la région de Bakhuis.
Il citait des réserves prouvées, mais les gisements pourraient être plus importants.
Les investissements, potentiellement également de la part de soumissionnaires d’autres régions, seraient importants, a-t-il déclaré.
« On parle facilement de 10 à 12 milliards de dollars, mais sur une période d’environ 10 ans ou un peu plus. C’est mon estimation approximative », a déclaré Lachman.
« La bauxite que nous avons est une bauxite de niveau service. Vous n’êtes pas obligé de créer une mine. Il suffit de creuser par le haut », a-t-il ajouté.
Les entreprises pourront exprimer officiellement leur intérêt du jeudi au 29 janvier de l’année prochaine.
Ceux qui réussiront seront présélectionnés et invités à fournir des plans détaillés, y compris la manière dont ils alimenteraient un projet, avant l’attribution de la concession prévue d’ici novembre 2024.
Les rivières Suriname et Courantyne pourraient être draguées ou débarrassées des formations rocheuses pour accueillir de gros navires, a ajouté Lachman.
L’ouest du Suriname est constitué d’une jungle en grande partie vierge.
La commission travaille à évaluer les risques pour la biodiversité, a déclaré Lachman, et les propositions seront évaluées en fonction de leur respect des directives établies par les régulateurs environnementaux et l’agence de gestion forestière.
« Je pense que nous devons regarder au-delà des recettes publiques… et nous tourner vers d’autres choses qui sont bien plus importantes », a déclaré Lachman.
L’approbation des communautés, l’emploi local et le développement des infrastructures sont des facteurs importants pour la commission, qui n’approuvera aucun projet qui ne prend pas en compte les communautés, a-t-il déclaré.
(Par Ank Kuipers et Julia Symmes Cobb ; édité par Bill Berkrot)
Une nouvelle étude montre une baisse de 1,1 milliard de dollars des budgets d’exploration de l’or cette année alors que les petites sociétés peinent à lever des capitaux, mais le métal précieux représente toujours 46 % du total.
Selon une nouvelle étude de S&P Global Market Intelligence , les budgets globaux d’exploration minière ont diminué cette année pour la première fois depuis 2020, chutant de 3 % à 12,8 milliards de dollars aux 2 235 entreprises qui ont alloué des fonds pour trouver ou développer des gisements.
Les budgets de l’or, qui ont historiquement été davantage tirés par le secteur minier que par tout autre métal ou minéral, ont chuté de 16 %, soit 1,1 milliard de dollars, sur un an, pour atteindre un peu moins de 6 milliards de dollars, ce qui représente 46 % du total mondial.
Il s’agit d’une baisse par rapport aux 54 % de 2022, dans un contexte d’augmentation des dépenses en lithium, nickel et autres métaux destinés aux batteries, d’une augmentation des dépenses en uranium et en terres rares et d’une légère hausse pour le cuivre.
Mais le rôle dominant que joue l’or dans l’exploration – et donc l’avenir de l’industrie – reste clair du fait que l’argent combiné affluant vers les métaux de transition énergétiques verts (ou les matières premières confrontées à l’avenir comme certaines majors aiment les appeler) n’a pas été suffisant pour compenser le déclin de l’or. or.
Les budgets d’exploration de l’or, comme la plupart des matières premières extraites, ont culminé en 2012, lorsque le métal précieux représentait près de la moitié des plus de 20 milliards de dollars dépensés.
Les petites sociétés aurifères représentent 38 % de l’allocation à l’exploration cette année et la réduction des dépenses du secteur est responsable de l’essentiel de la réduction globale des budgets.
Cela suit également la tendance de plusieurs années dans le secteur de l’or identifiée par S&P Global, où l’exploration s’est déplacée vers les sites miniers et s’est éloignée de l’exploration de base.
Première région d’exploration aurifère, en grande partie grâce à son secteur junior dynamique, le Canada a vu ses budgets baisser d’environ 400 millions de dollars. Ce n’est que dans la région Asie-Pacifique que les ressources allouées ont augmenté par rapport à 2022, mais pas de beaucoup et à partir d’une base faible.
Ictère junior
Le recul parmi les explorateurs d’or représente une baisse significative par rapport à l’année dernière, lorsque le secteur a dépensé plus que les majors à la recherche du métal précieux.
Cela témoigne de la difficulté qu’ont éprouvées les petites sociétés d’exploration au cours de la dernière année à exploiter les marchés pour obtenir de nouveaux financements.
Sur une base trimestrielle, le financement de l’or pour les petites et moyennes sociétés minières était le plus bas au troisième trimestre depuis le trimestre de septembre 2018.
Le financement global, hors majors, à 8 milliards de dollars depuis le début de l’année, était le plus bas depuis 2019 et moins de la moitié a été levé au cours de la même période l’année dernière.
Comme pour les budgets d’exploration, la baisse globale des financements s’est produite malgré le fait que les sociétés minières impliquées dans les matières premières spécialisées ont réussi à lever 46 % de plus au cours de l’année à fin septembre qu’à la même période de l’année dernière.
Au total, les 41 086 trous forés dans le monde entre janvier et mi-octobre 2023 à la recherche de métaux et minéraux non ferreux représentent une baisse de 23 % par rapport à l’année dernière.
Les forages aurifères sont en baisse de 36 % sur la même période. Avec le prix de l’or revenu au niveau de 2 000 $ et la demande géopolitique sûre et la faiblesse des métaux de base et des batteries, il n’est pas inconcevable que la part de l’or dans les budgets d’exploration dépasse bientôt 50 %.
Métaux de base
Les budgets consacrés aux métaux de base ont augmenté pour atteindre 33 % du total, en raison d’une augmentation de 327 millions de dollars des dépenses consacrées au cuivre, le métal au centre de la transition énergétique, et d’une augmentation significative de 117 millions de dollars des dépenses consacrées à la recherche ou à l’expansion des gisements de nickel.
La majeure partie des fonds d’exploration du nickel est dirigée vers le Canada, où les budgets pour l’alliage d’acier inoxydable et le métal pour batteries approchent désormais les 300 millions de dollars.
« Il faudrait remonter à 2006/2007 pour trouver une année au cours de laquelle les métaux communs ont attiré plus d’argent pour l’exploration que l’or », explique Kevin Murphy, directeur de recherche sur les métaux et les mines chez S&P Global Commodity Insights.
Le cuivre représente en 2023 moins d’un quart des dépenses d’exploration minière malgré un gain à deux chiffres par rapport à 2022 à 3,12 milliards de dollars, principalement par les grandes sociétés minières et non par les petites sociétés.
Murphy affirme que l’exploration du cuivre est à la traîne par rapport aux autres métaux en ce qui concerne le déplacement de l’exploration vers les sites miniers, mais cette année, malgré l’augmentation des budgets, l’exploration de base pour le cuivre a globalement diminué par rapport à 2022.
Les budgets d’exploration du nickel sont également consacrés aux sites miniers, plus de la moitié des 732 millions de dollars budgétisés cette année étant destinés à reconstituer les réserves et à prolonger la durée de vie des mines. Les majors réalisent 54 % de l’exploration mondiale du nickel, une part en hausse.
Le lithium est le nouvel vieil or
Les budgets d’exploration du lithium ont presque doublé cette année après avoir fait de même en 2022. Au total, 830 millions de dollars ont été alloués à la recherche et à l’expansion des ressources en lithium en 2023, le troisième produit non ferreux le plus exploré.
« Le lithium est un nouveau produit d’exploration et de développement, et cela se reflète de bien des manières différentes », explique Murphy.
Le secteur est actuellement entièrement dominé par les juniors avec 82% des travaux d’exploration réalisés par des sociétés plus petites. « Chaque fois qu’un produit suscite beaucoup d’intérêt, les petites sociétés ont tendance à emboîter le pas. »
Le caractère sous-développé de l’industrie minière du lithium apparaît également dans les étapes de développement, l’exploration de base et avancée et la faisabilité constituant la grande majorité des travaux sur le terrain en cours.
Une part non négligeable de l’exploration du lithium est réalisée par les gouvernements, ce qui représente, à hauteur de 4 %, plus de 30 millions de dollars provenant des coffres publics.
Des augmentations budgétaires importantes ont été observées partout dans le monde, notamment en Amérique latine et en particulier en Argentine, qui abrite les plus grandes ressources non exploitées de métal pour batteries.
L’Australie produit actuellement la moitié du lithium mondial et constitue la deuxième région la plus financée pour l’exploration, suivie par le Canada, où les budgets ont doublé d’année en année pour dépasser 160 millions de dollars.
L’exploration aux États-Unis a également considérablement augmenté – le pays abrite la deuxième plus grande ressource non exploitée de lithium au monde.
Murphy s’attend à ce que les budgets consacrés au lithium augmentent « même s’il est difficile de dire dans quelle mesure, simplement parce qu’une grande partie de cette somme est consacrée aux travaux de phase finale et de faisabilité » :
« Et bien sûr, une fois qu’une étude de faisabilité est terminée, cela représente une dépense très importante qui disparaît. Il est possible que nous assistions à une légère baisse du lithium dans les années à venir.
La baisse précipitée et incessante des prix du métal, qui se situent désormais autour de 20 000 dollars la tonne, après un pic au nord de 80 000 dollars en novembre de l’année dernière, a également un impact sur le financement futur de l’exploration du lithium.
Recrudescence de l’uranium et montée en puissance des ETR
S&P Global suit désormais 121 projets actifs regroupés sous ce qu’il appelle des matières premières spécialisées et comprennent le lithium, le cobalt, le graphite, les terres rares, l’uranium et d’autres, soit une multiplication par six par rapport à il y a deux ans.
L’exploration des métaux du groupe du platine et des diamants connaît une tendance à la baisse depuis environ deux décennies, selon la société de recherche, et jusqu’à récemment, cela était également vrai pour l’uranium.
Cependant, un rebond des prix au comptant du combustible nucléaire – qui se négocient désormais à leur plus haut niveau depuis plus d’une décennie après avoir grimpé à 70 dollars la livre le mois dernier – a entraîné une augmentation de plus de 35 millions de dollars des budgets d’exploration en 2023.
Il y a une prise de conscience croissante, même parmi les groupes environnementaux, que l’abandon des combustibles fossiles est un fardeau trop lourd pour les seules énergies éolienne et solaire, peu fiables.
Les terres rares, qui devraient également jouer un rôle important dans la transition énergétique verte en raison de leur utilisation intensive dans les moteurs électriques et les éoliennes, ont reçu une augmentation massive du financement de l’exploration en 2023 compte tenu de la taille globale de l’industrie – un peu moins de 50 millions de dollars de plus que l’année dernière. année.